Zone de Texte: Argument
Zone de Texte: Au début des années 1980, un ensemble de travaux paraissent en France renouvelant les questionnements sociologiques sur la musique : on peut citer parmi d’autres, la parution en 1981 de l’ouvrage d’Antoine Hennion Les professionnels du disque. Une sociologie des variétés (Paris, Métailié) avant La passion musicale (1993), celui de Pierre-Michel Menger Le paradoxe du musicien. Le compositeur, le mélomane et l’Etat dans la société contemporaine (Paris, Flammarion) ; en 1983, l’article de Jean-Louis Fabiani « Carrières improvisées : théories et pratiques de la musique de jazz en France » paru dans Raymonde Moulin (dir.), Sociologie de l’art (Actes du colloque international, Marseille, 13-14 juin 1985), en 1986, l’ouvrage d’Anne-Marie Green Les adolescents et la musique (Issy-les Moulineaux, EAP) puis l’article d’Emmanuel Pedler « Culture musicale d’exil » (Inharmoniques 2, mai 1987). Ce dernier, en outre, a contribué à mieux faire connaître le travail pionnier de Max Weber Sociologie de la musique par la traduction et la présentation qu’il en a faites (en collaboration avec Jean Molino, Paris, Métailié, 1998). 

	Ces diverses recherches ont contribué chacune à leur manière à ouvrir un vaste champ d’observation et de réflexion à la fois en France et à l’étranger. A côté d’une sociologie de la musique anglo-saxonne initiée dans une perspective bien différente, celle des Cultural Studies, une sociologie de la musique de langue française a ainsi investi à la fois les formes savantes et les genres populaires, interrogé aussi bien le marché de la musique, les professions et le travail musical, la construction du goût et des médiations propres à la musique, la diversité et le sens des pratiques, la spécificité de cet objet esthétique… Ces réflexions ont nourri et se sont nourries de l’échange avec les recherches menées dans d’autres contrées. 

	Face au foisonnement des études engagées sur la musique depuis une bonne dizaine d’années – en témoignent les travaux exposés lors du colloque « Ethnographies du travail artistique » (septembre 2006) ou de la journée d’étude « L’expérience musicale sous le regard des sciences sociales » (octobre 2005) pour ne citer que deux rencontres récentes –, face à la diversité des approches théoriques et des démarches empiriques, ce colloque se propose de faire le point selon un triple point de vue : d’une part, sur les ancrages théoriques posés au début des années 1980 et l’évolution de la pensée de chaque auteur, d’autre part sur la manière dont ces travaux ont irrigué de multiples recherches en France et à l’étranger, enfin, sur les perspectives ouvertes aujourd’hui notamment en matière de pluri ou interdisciplinarité et les interrogations épistémologiques qui leur sont associées.